Remédiation et praxis énonciative
Résumé
Si la remédiation est conçue comme la substitution d’un médium à un autre, provoquant la reconfiguration des contenus et des sémiotiques-objets portés par ces médias, elle peut être considérée comme un cas particulier de la praxis énonciative, cette conception de l’énonciation selon laquelle il n’y aurait jamais d’énonciation originelle, mais toujours des énonciations qui reprennent et transforment d’autres énonciations. Plusieurs problèmes en découlent, qui font l’objet de cette contribution
Il faut d’abord s’assurer que les manipulations du médium (substitution, combinaison, dérivation, ou autre) relèvent bien de l’énonciation : à l’évidence, dans la conception issue de Benveniste, ce n’est guère envisageable, et elle doit évoluer considérablement.
Jean-Marie Floch rapproche la praxis énonciative du bricolage lévi-straussien, mais tel qu’il le conçoit, il ne prend pas en considération le milieu-support des communications, et il concerne les innovations obtenues par associations et reconfigurations entre plusieurs artefacts culturels déjà existants. C’est alors la notion de « remédiation » qu’il faudrait faire évoluer pour qu’elle soit compatible avec celle de bricolage.
La praxis énonciative, de Saussure à Greimas, doit rendre compte de la persistance des significations, interprétations, intercompréhensions, malgré l’instabilité et le remaniement incessant des formes qui les suscitent. De ce point de vue, ce qui est constant vaut plus que ce qui change, et la remédiation aussi bien que le bricolage reposent sur un point de vue antagoniste.
Cette contribution ne résoudra pas toutes les questions, mais s’efforcera principalement de proposer un cadre théorique pour l’énonciation qui serait susceptible d’accueillir les réponses de manière cohérente.
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